Témoin d’un kidnapping, lors d’une escapade nocturne
Je suis actuellement ce que l’on pourrait appeler un sans-abri. Étant donné que je n’ai nulle part où dormir, c’est comment certains me décriraient.
J’ai de longs cheveux blonds et des yeux bruns. De plus, même si je n’ai pas d’abri, je ne porte aucun linge sale ou qui empeste. Je porte une veste de couleur verte par-dessus un chandail blanc, un pantalon d’un vert plus foncé que celui de ma veste et une paire de chaussures noires.
Âgée de dix-sept ans, ce n’est pas par obligation que je me retrouve dans cette situation, mais parce que je recherche quelque chose. Je cherches quelque chose qui m’est précieux. Même si je ne sais pas vraiment de quoi il s’agit.
En soit, je menais une vie confortable. Malgré la mort de mes parents, ma petite soeur et moi avons continué de vivre sans nous arrêter. Et puis, nous n’étions pas seules. Nous avions des amis prêts à nous tendre la mains dans les moments difficiles.
Même si j’avais tous ce qu’une personne lambda désirerait, à une ou deux exceptions près, il me manquait quelque chose. Il me fallait combler ce vide au fond de moi.
Initialement, quand je suis parti à la recherche de quelque chose pouvant combler ce vide, je m’étais préparé en conséquence. J’avais argent, eau, nourriture, vêtements de rechanges. Bref, assez de choses pour remplir mon sac à dos jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place pour y mettre quoique ce soit. Cependant, il y a eu un imprévu.
Lors de mon arrivée en ville, j’ai été témoin d’un kidnapping. Un homme encapuchonnée habillé d’une veste bleue et d’un pantalon noir à enlevé deux petites filles âgées de moins de dix ans. Malheureusement, je n’ai pas pu voir leur visage. Si ça aurait été le cas, je serais tout de suite aller voir la police.
Ceci étant dit, sans avoir une description assez précise, aller prévenir la police aurait été une perte de temps. Enfin, c’est ce que je me suis dit à ce moment-là. Maintenant, je penses différemment.
Quand je l’ai vu s’enfuir, je me suis mit à sa poursuite. J’étais inscrit dans une école où j’ai pu apprendre à me battre et à utiliser la magie. J’ai donc eu l’idée de dégainer mon arc couleur métal et de décocher quelques flèches, mais il les a toutes esquivé. Sa vitesse et son agilité étaient incroyables.
Quand j’ai compris que lui tirer dessus ne suffirait pas pour l’arrêter, c’est là que je me suis lancée à sa poursuite.
Comme dit précédemment, sa vitesse était incroyable. À tel point que j’ai cru le perdre de vue à plusieurs reprises. Malgré tout, je suis parvenu à garder le rythme et à le suivre un bon moment. La vraie raison qui m’a amené à terminer dans ma situation actuelle est arrivée un peu après.
Quand j’étais persuadé d’être enfin en mesure de le rattraper, une attaque magique de feu s’est mis à me foncer dessus. Avec l’aide de ma magie de vent, je suis parvenu à repousser l’attaque, mais j’ai aussi perdu assez de temps pour que le kidnappeur soit capable de suffisamment me distancer pour que je ne puisses plus le rattraper.
En regardant autour de moi, j’ai aperçu celui qui m’avait attaqué. Il était accompagné de deux autres hommes. Au début, j’avais pensé les avais ignorés, mais ils ont réussi à m’en empêcher en me rattrapant et en me barrant la route.
De loin, je n’y avait pas fait attention, mais ces trois hommes étaient des gardiens, une race semblable aux humains, mais qui possèdent du sang d’esprit, possèdent une force et une réserve de mana plus grande que celles des humains et des yeux rouges. Les seules exceptions à ces différences sont des gardiens nés d’un humain et d’un gardien. Peu importe si l’humain est l’homme ou la femme. Dans tous les cas, c’est un enfant mi-humain, mi-gardien qui naîtra. Ces exceptions sont appelés les demi-gardiens.
Au moment où je me suis aperçu qu’ils étaient des gardiens, j’ai compris que seule je ne ferais pas le poids. Mon idée a été de m’enfuir, mais leurs capacités physiques étant plus élevées que les miennes, ils parvenaient à me garder au même endroit.
Ne sachant pas pourquoi ils avaient décidés de m’attaquer, j’en entendis un me traiter de kidnappeuse. J’ai un peu incliné la tête et ai tenté de résoudre le malentendu. Cependant, j’avais beau leur dire à tord et à travers que je n’étais ni la kidnappeuse, ni la complice du vrai kidnappeur, ils ne voulaient pas m’écouter.
Soudain, l’un d’entre eux avait bondi vers moi. J’avais esquivé en me jetant vers l’arrière, en faisant une roulade, puis je m’étais instantanément relevé avant de dégainer mon arc.
Je les avais alors menacé de me laisser partir s’ils ne voulaient pas que je tire, mais ils ne me prirent pas au sérieux, persuadé que je ne ferais pas le poids. De mon côté, je ne pensais pas non-plus parvenir à les vaincre tous les trois. Toutefois, si je voulais pouvoir partir, je devais au moins essayer.
Décochant une flèche vers l’un des gardiens, celui-ci l’avait esquivé sans faire aucun effort. Au moment où ma flèche allait l’atteindre, il n’a fait que reculer son pied droit et courber son dos vers l’arrière de quelques degrés.
C’est alors que, de ma main droite, j’avais utilisé ma magie de vent en la fusionnant avec une flèche que j’ai décoché en visant le même gardien que pour le premier tir.
Il existe de nombreuses façons d’utiliser la magie. Fusionner celle-ci avec une arme avec laquelle on excelle en est une. De plus, les effets d’une fusion entre sa magie et son arme peuvent être très diversifiés.
Cette flèche fusionné avec ma magie fût bien plus rapide qu’une flèche lambda. De plus, juste avant de tirer ladite flèche, j’en avais tiré une autre, comme diversion. Cette simple diversion a réussi.
Voyant le simple projectile s’approcher vers lui à une vitesse normale, le gardien que j’avais visé avait sorti une épée du fourreau qui était attaché à sa taille et avait frappé mon attaque de façon à la dévier. Cependant, il n’avait pas vu la seconde flèche que j’avais tiré en prenant en compte le moment où ma diversion aurait accompli sa mission et l’augmentation de la vitesse dû à ma magie de vent.
C’était la toute première fois de ma vie que j’ai fait une telle attaque stratégique, mais ça ne m’a pas empêché de réussir mon coup.
Étant parvenu à blesser l’un de mes adversaire au bras, ses deux compagnons se sont jeté sur lui pour vérifier la gravité de sa blessure.
C’est à ce moment-là que j’aperçu qu’il y avait un soigneur dans l’équipe de gardien.
Qu’est-ce que je dois faire ?
À l’instant où je me suis posé cette question, j’ai hoché la tête de gauche à droite, sachant pertinemment que je n’avais qu’un seul choix à ma disposition.
Tandis que je me suis mis à courir pour prendre la fuite, le gardien des deux qui n’utilisait pas de magie de soin s’est mis à ma poursuite.
Courant dans une ville que je ne connaissais pas, je ne pouvais me fier qu’à mon intuition. Prenant le chemin de gauche, puis celui de droite, avant de prendre celui en ligne droite, j’avais fini par arriver à une ruelle.
Où dois-je aller ? Que dois-je faire ? Comment dois-je m’y prendre ?
Toutes ces questions ne me mèneraient nulle-part. C’est pour cette raison que je m’étais infiltré dans cette ruelle, courant toujours tout droit. Arrivant à un cul-de-sac, j’avais regardé en haut du mur de béton et vu une opportunité.
Visant le sol de la paume de ma main droite, j’avais utilisé ma magie de vent pour bondir à une hauteur que je n’avais jamais atteinte. La sensation fut très étrange. N’ayant pas la capacité de voler, je m’étais demandé si s’était ce qu’un oiseau ressent quand il s’envole. Malheureusement, cette question sans réponse fût brève, puisque j’avais aussitôt atterrit sur la neige, avant de reprendre ma course sans perdre une seule seconde.
Malgré tous mes efforts, le gardien, qui était partie à ma poursuite, était toujours à mes trousses. Lui aussi, il est parvenu à passer par-dessus le mur de béton.
Comme si ça ne suffisait pas, une tempête de neige avait décidé de montrer le bout de son nez, se combinant à la fatigue qui émergeait en moi. Si ce n’était que ça, je n’aurais même pas pensé à me plaindre, mais, en plus du fait que je commençais à ralentir, le gardien, lui, ne semblait pas faire de même.
En me tournant pour déterminer la vitesse qui nous sépar-
…
…
…
Soudain, je m’étais écroulé.
Mon regard s’embrouillait, mais je pouvais quand-même apercevoir du sang… Mon sang…
Puis, avant que ma conscience ne sombre…
– « Hé ! Tu n’as pas le droit de mourir. »
Une voix qui m’était inconnue…
– « Si tu meures, je ne pourrais jamais… »
Qu’est-ce qu’il avait dit, déjà ?
La tempête s’était intensifié, mes membres, ceux qu’il me restait, s’engourdissaient. Froid… Il faisait froid. Et à la fin, j’avais ressenti une chaleur qui m’était inconnu.
C’est ainsi que ça s’était terminé et que j’ai été témoin d’un kidnapping, lors d’une escapade nocturne.
Fin du prologue