Philia Kokonaku
Depuis quelques temps, je repense à tout ce que j’ai vécu durant ces cent trente-deux années de vie qui sont mienne. Ça me permet de me remettre en question et de savoir ce que j’ai bien fais ou, à l’inverse, les mauvais choix que j’ai pu faire.
Ce genre de question me permet aussi de me projeter dans l’avenir. Je me demande si je ferais, à nouveau, de mauvais choix ou bien si j’en ferais que des bons.
Bien sûr, je ne me pense pas capable de n’en faire que des bons. Personne n’est parfait et moi non-plus ce n’est pas mon cas. Personne n’échappe à cette réalité. Qu’on le veuille ou non, nous faisons tous des erreurs, mais c’est grâce à celles-ci qu’on en arrive là où nous sommes.
C’est ainsi que je pense, depuis quelques temps. C’est, aussi, ainsi que j’aimerais être capable de penser dans le futur.
Cependant, ce n’est pas la seule chose qui me traverse à l’esprit depuis quelques temps. Il m’arrive, toutes les nuits, de faire le même rêve.
Dans ce rêve, je me retrouve sur une grande étendue aussi verte que le sont mes cheveux. Mes yeux rouges se reflétant dans le petit lac, tout près de moi. Je me demande si je suis morte.
C’est alors que je l’aperçois. Devant moi, se trouve un homme aux courts cheveux bruns. Tournant sa tête vers ma direction, je peux observer ses magnifiques yeux bleus. Il me sourit alors qu’il me regarde avec sympathie.
Il s’avance dans ma direction et, arrivé à proximité, il s’accroupit et me tend une main. Tandis que je tente de l’attraper, l’homme se tourne instantanément en arrière de lui, se relevant brusquement au passage.
C’est alors qu’un mystérieux homme, que je ne reconnais pas, apparait. C’est homme portant un costard noir et un chapeau cachant le haut de sa tête recouverts de courts cheveux bruns. Cet homme sombre porte un monocle à son œil droit et nous observe en souriant. Cependant, ce sourire est différent de celui qu’avait l’homme, actuellement devant moi, il y a moins d’une minute.
Tandis que je tourne mon regard vers celui qui semble vouloir me protéger, j’aperçois ses yeux bleus devenir rouge et ses cheveux s’hérisser. Cet homme, dégageant une aura de colère, semble ne pas apprécier celui en costard noir.
Après ça, je me réveille. Je ne connais pas la suite du rêve. Tout ce que je puisse faire c’est théoriser sur le message qu’il souhaite m’envoyer, de la raison pour laquelle je le fais chaque nuit ou de l’identité de ces deux hommes dont je ne connais pas le nom.
※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※
Dans ce monde, il existe des êtres à l’apparence semblable à celle des êtres humains, mais qui, à la grande différence de ceux-ci, ont de longue oreilles. Ce sont les elfes.
Les elfes sont réputés pour vivre environ trois fois plus longtemps que les humains. Certains ont déjà atteints les trois-cent cinquante-trois ans. Il ne se reproduisent que très peu, puisque leur longévité est plus élevé que celle des humains.
Ces êtres à longues oreilles vivent principalement dans des villages bâtis dans les forêts. Ils vivent seuls, loin des humains. Leur technologie est bien moins avancé que celle des humains, mais leurs connaissances en magie est beaucoup plus impressionnante.
C’est dans l’un de ces villages qu’elle est née. Cette jolie fleur aux courts cheveux verts et aux yeux rouges. Riant au lieu de pleurer, ce nouveau-né, porté par sa mère aux longs cheveux verts et aux yeux semblable à ceux de sa fille unique, elle observe son père qui possède des cheveux rouges et les yeux verts, tout l’inverse de sa femme et de sa fille.
Cette fille s’appelle Philia Kokonaku.
Fin du prologue