Ses premiers rayons
Né dans un petit village situé au milieu d’une grande forêt, un jeune garçon aux courts cheveux bruns et aux yeux bleus se dirige à l’endroit où lui, son frère jumeau et sa petite sœur se sont donné rendez-vous.
Arrivant à destination, il les aperçoit le saluer en balançant leur bras – un chacun – dans les airs. Le petit garçon les rejoints et ils commencent à marcher.
Ils discutent tout en se baladant, se dirigeant vers la forêt entournant le petit village dans lequel ils vivent.
Pénétrant dans la forêt, ils continuent leur heureuse conversation tandis qu’ils approchent d’un mystérieux temple en pierre moussu. La mousse étant là depuis un bon moment, ça signifie que personne ne s’en était approché depuis un bon moment. Cependant, les enfants brisèrent ce record en arrivant près de celui-ci.
Ils observèrent le temple durant quelques secondes avant d’y pénétrer. C’est alors que sa vision se brouille avant qu’elle ouvre les yeux.
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Ouvrant ses yeux pour la première fois de la journée, elle s’étire les bras avant de se lever après qu’elle se soit dégagé de ses couvertures chaudes. Pieds nues sur le sol froid en bois, la fillette commence à marcher en direction de son garde-robe.
Tandis qu’elle approche de son but, elle se frotte les yeux à l’aide de ses petits poings fermés. Elle semble encore un peu endormis, mais elle parvient tout de même à atteindre le garde-robe.
La fillette ouvre le meuble et change son pyjama pour un chandail blanc qu’elle recouvre d’un autre chandail de couleur noir qui est ouvert et laisse paraitre le vêtement blanc.
Par la suite, elle enfile une petite jupe composée des mêmes couleurs que ses autres vêtements.
Pour finir, elle enfile des chaussettes blanches et une paire de chaussure noire.
Le garde-robe est équipé d’un miroir. La fillette se regarde avant d’attraper une brosse à cheveux et commence à brosser.
Ses cheveux verts mi-court, mi-long, étaient en désordre, mais elle est parvenu à les rendre lisse.
Ensuite, elle prend plusieurs élastiques qu’elle met dans ses cheveux afin de les placer de façon à arborer sa coupe de cheveux habituelle.
Enfin, elle prend une bande de tissu noire qu’elle attache dans ses cheveux.
En se regardant, une nouvelle fois, elle sourit en voyant le résultat qui la rend satisfaite. Ses yeux rouges scrutant son visage, elle voit ses oreilles pointues qui dépassent de ses cheveux.
Contente du résultat, elle se tourne vers la porte menant à l’extérieur de sa chambre.
Après avoir terminé de se changer, la fillette se dirige vers la pièce qui sert de salle de bain. Elle prend une bague argenté sur laquelle est incrusté un petit joyau bleu.
Elle la met à un doigt de sa main droite et pointe le joyau bleuté vers un seau en métal dans lequel se trouve de l’eau. C’est alors que la pierre précieuse s’illumine en même temps que l’eau du seau.
Du contenant, une petite sphère du liquide lumineux sort et se dirige vers la petite elfe qui ouvre la bouche afin d’y mettre le liquide. C’est alors qu’elle bouge les joues afin de permettre à l’eau de se rendre dans chaque coin de sa bouche avant de recracher le liquide, qui a déjà cessé de briller, dans un évier.
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Après son passage dans la salle de bain, la fillette aux cheveux verts finit par arriver dehors. C’est alors qu’elle les aperçoit. Ses parents travaillent dans les champs de blé se trouvant juste à côté de leur maison.
Son père. Gordan, a de courts cheveux rouges et des yeux verts, tandis que sa mère, Miranda, a de longs cheveux verts et des yeux rouges. Tous deux ont de longues oreilles signifiant qu’ils appartienne à la race des elfes.
C’est Miranda qui est la première à saluer sa fille. Gordan, tapant la terre à l’aide de son outil, n’avait pas encore remarqué l’arrivé de sa fille. La voyant, entre deux coups, il la salut à son tour.
Miranda : “Bon matin, Philia.“
Gordan : “Bonjour, Lia !“
Lia est un surnom que Gordan a donné à sa fille. C’est sa façon de montrer son affection pour sa petite fille, actuellement, âgé de cinq ans.
Philia sourit avant de les saluer, à son tour.
Philia : “Bon matin, maman ! Bon matin, papa !“
La petite maison en bois dans laquelle Philia et ses parents vivent est entourée d’une clôture délimitant le terrain de la propriété. Les champs dans lesquelles les parents de la jeune elfe travaillent permet la discussion eux.
Philia s’apprête à passer la clôture quand Miranda l’interpelle.
Miranda : “Philia, tu ne pars pas avec ton livre, aujourd’hui ?“
À la question de la mère, la petite fille observe ses mains vides et sursaute en lâchant un “Ah !“ tout en se tournant vers la femme aux cheveux émeraude.
Philia : “J’allais l’oublier !“
Elle retourne rapidement à l’intérieur de la maison et, en à peine quelques secondes, elle en ressort avec un gros livre à la couverture fait de cuir. Elle continue sa course vers la clôture et sort de la propriété.
Sans s’arrêter, elle lève un bras droit dans les airs et le secoue de droite à gauche.
Philia : “Merci, maman ! À tout à l’heure !“
Miranda : “À tout à l’heure, Philia !“
Gordan : “Fais attention en chemin !“
Philia : “Oui papa !“
La fillette court tout en souriant d’excitation à l’idée de plonger dans sa lecture, comme à son habitude.
Miranda et Gordan observent leur fille courant vers ce qui semble être une colline sur lequel a poussé un gigantesque arbre. Une fois qu’elle a disparu de leur champ de vision, les deux parents se regarde, un sourire aux lèvres, et se remettent à travailler.
Miranda : “Elle grandit vite notre petite elfe !“
Gordan : “Elle aura bientôt six ans. Et, en plus, le festival annuel du village des elfes commencent un peu après son anniversaire.“
Miranda : “Tu crois qu’elle réussira ?“
Gordan : “Non, je ne le crois pas, j’en suis sûr à cent pour cent !“
Miranda : “Oui, je pense aussi qu’elle y arrivera.“
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C’est au bout d’une dizaine de minute que Philia arrive au pied de la colline. Depuis qu’elle a appris à lire, il y a un mois, il n’y a pas une journée sans qu’elle n’aille pas sur cette colline afin de plonger dans son livre. Tous les jours, elle passe plusieurs heures couché sur l’herbe de cette bosse de terre sur laquelle a poussé un gigantesque arbre au feuillage immortel.
Ayant atteint le sommet, elle s’agenouille sur l’herbe frais du matin, le soleil n’étant pas levé depuis assez longtemps pour réchauffer le village. Le printemps venant seulement de commencer, la chaleur remplace la fraicheur petit à petit.
Philia ouvre enfin son épais livre, se rend à la page où elle s’était précédemment arrêté, puis elle commence à lire. Un sourire aux lèvres, comme s’il s’agissait du plus beau jour de sa vie, elle tourne lentement les pages qu’elle a terminé de lire.
Ce n’est qu’après quinze minutes de lecture qu’elle se fait interrompre par la voix d’un jeune garçon semblant avoir un âge similaire à la fillette, c’est-à-dire cinq ans. Celui-ci l’appelle comme s’il la cherchait.
??? : “Philia ? Philia, est-ce que tu m’entends ?“
Philia : “Tôma ?“
Tôma : “Bon matin, Philia !“
Philia : “Bon matin !“
L’expression qu’avait la jeune elfe, lors de sa lecture, laissait penser qu’elle ne souhaitait pas se faire déranger. Pourtant, elle salua joyeusement la voix masculine qui l’appela. Son sourire rayonne autant, voire plus, que lorsqu’elle bouquinait tranquillement.
Tôma : “Comment vas-tu, aujourd’hui ?“
Philia : “Je vais bien et toi ?“
Tôma : “Aussi bien que d’habitude, merci !“
Philia : “Hehe !“
La discussion ressemble à celles qu’ont de très bon amis. Ça signifie que c’est le cas entre Philia et Tôma. Cependant, même s’ils semble discuter comme s’ils étaient l’un devant l’autre, ce n’est pas le cas.
Si quelqu’un surprenait la discussion entre la jeune elfe et la mystérieuse voix, cette personne commencerait par dévisager la fillette avant de s’éloigner le plus possible et le plus rapidement possible.
Le fait est que Philia parle avec un garçon s’appelant Tôma, mais qui ne se trouve pas devant elle. En plus, Philia n’est même pas sûr si le garçon existe ou s’il n’est qu’une hallucination causé par l’immense solitude que ressentait Philia avant de commencer à converser avec une voix dans sa tête.
De plus, il semblerait que seule Philia puisse parler avec le garçon. Cependant, c’est aussi vrai pour l’inverse. Tôma ne peut qu’entendre la voix de Philia, mais il ne sera pas capable d’entendre celle de d’autres personnes, ni d’entendre le moindre bruit provenant du côté de la jeune elfe.
Fille 1 : “Tiens, tiens, tiens !“
Fille 2 : “Ce ne serait pas la folle qui parle avec son ami imaginaire, par hasard ?“
La fillette se tourne, alors, vers deux filles du même âge qu’elle. Celles-ci viennent d’arriver et regarde Philia avec des sourires moqueurs.
La première s’appelle Misara. De longs cheveux bleus recouvrent ses longues oreilles et ses yeux verts ressemblent à ceux de Gordan.
À côté d’elle, la seconde jeune fille aux cheveux roux plus longs que ceux de Philia, mais plus courts que ceux de son amie et aux yeux bruns semble hésitante quand à brimer quelqu’un, mais elle ne souhaite pas que Misara la laisse seule. C’est pour cette raison que cette fille s’appelant Nara imite sa seule amie.
Philia : “Laissez-moi tranquille, s’il vous plait.“
Tôma : “Philia ? Qu’est-ce qu’il se passe ?“
Le duo regarde Philia qui semble inconfortable en leur présence. Réaction tout à fait normal quand on prend en compte le fait qu’elles ne sont là que pour se moquer d’elle.
Misara : “Dis-moi, pourquoi nous devrions t’écouter ? On a bien le droit de faire ce que l’on veut ! Sale folle !“
La fillette se penche vers l’avant et ramasse un amas de terre avant de le lancer sur Philia qui n’ose pas utiliser son livre pour s’en protéger. Se laissant faire, la fillette aux cheveux couleur émeraude penche la tête vers le sol et le fixe tout en attendant que les deux filles se décident à partir.
Heureusement pour elle, son idée fonctionne. Misara, voyant que sa victime ne réagit pas comme elle l’aurait souhaité, décide de lui tourner le dos avant de partir.
De son côté, Nara décide de rester un peu plus longtemps.
Philia : “Pourquoi tu ne pars pas la rejoindre ?“
Nara : “Eh bien, je voulais juste m’excuser de ne pas l’avoir arrêté et de faire comme si ça m’amusais.“
Philia : “Parce que ce n’est pas le cas ?“
Nara : “Eh bien, pour être tout à fait honnête, c’est sans doute la chose que je hais le plus au monde.“
Philia : “Alors pourquoi tu ne fais rien pour l’empêcher de continuer ?“
Nara : “Car je ne veux pas qu’elle m’abandonne. Elle m’a sauvé la vie, alors… Alors je ne veux pas m’en séparer.“
Philia : “D’accord, je comprends. Merci de t’être excusé. Je vous pardonne.“
La jeune rousse, ne s’attendant pas à se faire pardonner, commence à pleurer.
Philia : “Pourquoi tu pleures ?“
La fillette se faisant questionner essuis ses larmes avec des poings fermés, mais d’autres larmes prennent la place de celles qui se font dégager.
Nara : “Parce que, tu es beaucoup trop gentille avec nous. Pourtant, on est si méchante !“
Philia tourne la tête comme pour fuir la vérité. Un peu plus tard, Nara finit par rejoindre son amie qui l’attendait.
Tôma : “Elles sont revenu t’embêter ?“
Philia : “Oui…“
Tôma : “Pourquoi tu leur as pardonné ? Elles n’arrêteront pas même si tu t’excuse !“
Philia : “Je le sais…“
Tôma : “Alors pourquoi ?“
Philia : “Je ne le sais pas…“
La fillette entend le garçon soupirer, mais n’en tient pas compte.
Tôma : “À mon avis, si tu continues de toujours pardonner à tout le monde comme tu le fais, tu finiras toujours perdante.“
Philia : “Pourquoi ?“
Tôma : “Parce que les gens en profiteront et pas en bien.“
Philia baisse la tête, réfléchissant aux propos de son ami.
Tôma : “Mais j’aime beaucoup cette façon que tu as à pardonner les gens.“
La fillette, entendant la remarque inattendu de son ami, relève la tête.
Philia : “Hein ?“
Tôma : “Tu sais, même si on ne sait jamais vu, je t’apprécie beaucoup ! J’aimerais que l’on reste toujours amis. Enfin, si tu es d’accord !“
La fillette commence à sourire et, soudain, des larmes commencent à couler le long de ses douces joues.
Tôma : “Hein ? Philia, tu pleures ? Pourquoi est-ce que tu pleures ?“
Philia : “Merci… Merci…“
Tôma : “Pour quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu me remercies ?“
Philia : “Merci d’être mon ami… J’accepte ta demande… Moi aussi, je voudrais qu’on reste toujours amis !“
Tôma se met à rire alors que Philia sèche ses larmes de joie.
Tôma : “On restera ami jusqu’à notre mort.“
Philia : “Oui…“
Soudain, des rires viennent se mélanger à ses larmes. Pleurant et riant en même temps, seul un sentiment de joie rayonnait au fond de la jeune elfe aux cheveux verts.
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Le soir arriva assez rapidement et Philia est de retour chez elle. Il n’y a aucune trace des événements de la matinée et elle ne comptait pas en parler avec ses parents.
Ce genre de chose arrivent souvent avec ces deux filles.
Philia : “En vérité, j’en ai marre qu’elles s’en prennent à moi…“
Miranda : “Qu’est-ce que tu marmonnes ?“
Surprise par l’arrivé de sa mère inattendu, Philia bondit presque jusqu’au plafond.
Miranda : “Ce ne serait pas ton record de hauteur ?“
C’est alors qu’un énorme bruit retenti dans la maison, tandis que Philia atterri brusquement sur le sol en bois.
Miranda : “Aie !“
La jeune mère s’approche de sa fille qui reste couché sur le sol frais.
Miranda : “Est-ce que ça va ? Tu ne t’es pas trop fais mal ?“
Philia : “Non, ça va !“
Malgré son très jeune âge, la fillette aux cheveux similaire à ceux de sa mère supporte assez bien la douleur au point de ne lâcher aucune larme.
Miranda tend sa main à sa fille qui l’attrape afin de se relever. La jeune mère aux yeux rouges se tourne et commence à marcher en direction de la seule pièce éclairée de la maison, mais Philia l’arrête, l’appelant.
Philia : “Maman !“
Sa mère se retourne vers elle, un air attentionné sur le visage.
Miranda : “Qui a-t-il, Philia ?“
Philia : “En fait…“
Cherchant ses mots, la fillette commence à jouer avec ses doigts, les tripotant tout doucement.
Miranda : “Tu sais, si tu as quelque chose sur le cœur, tu peux tout me dire ! Une mère, c’est fait pour ça, après tout !“
Philia acquiesce avant de commencer à lui parler de Misara et Nara.
Après avoir tout écouté, Miranda commence à s’approcher de sa fille.
Miranda : “Tu sais, Philia, si tu n’apprécies pas ce que ces filles te font, tu ne dois pas tout le temps leur pardonner. Tu dois savoir te montrer ferme ! Leur faire comprendre que tu n’apprécies pas ce qu’elles te font. Sinon, elles continueront tous les jours.“
Philia baisse sa petite tête en direction du sol.
Miranda : “Ne t’en fais pas, ce n’est pas une critique négative. Je ne dis pas que le fait que tu pardonnes autant soit si mauvais. Je dis juste qu’il faut le faire avec les bonnes personnes. Elles, elles ne s’arrêteront jamais si tu continues de tout endurer sans rien faire.“
La fillette redresse sa tête tandis que sa mère s’accroupit devant elle et lui agrippe les épaules.
Miranda : “Philia, tu es une fille très gentille. Ce serait dommage que tu ne veuilles plus sortir dehors, car tu ne parviens plus à endurer ce qu’elles te font.“
Philia : “D’accord, je crois que j’ai compris.“
Miranda : “C’est très bien !“
La jeune femme se relève et regarde sa fille avec un air toujours aussi attentionné.
Miranda : “Bon, on va dans la cuisine ? Ton père a sans doute bientôt terminé de préparer le repas.“
À l’entente du mot “repas“, Philia et Miranda entendent soudainement un étrange bruit alors que la jeune elfe cache son ventre semblant crier famine.
La jeune mère commence à sourire et Philia limite. Ensemble, elles se dirigent vers la cuisine.
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Le repas du soir est terminé et Philia a mis son pyjama rose et a pénétré dans son lit. C’est alors que son ami Tôma arrive.
Tôma : “Salut, Philia !“
Philia : “Salut, Tôma !“
Tôma : “Alors, comment s’est passé ton retour chez toi ?“
Philia : “Très bien, merci !“
Pour une raison qu’elle ignore, Philia a commencé à imaginer qu’il se soit mis à sourire. Elle se dit que c’est surement grâce au ton de la voix de son ami qu’elle s’est imaginé ça.
Regardant silencieusement le plafond en bois, la fillette regarde ses mains et fait apparaitre une légère brise qui vient lui caresser le visage.
Tôma : “T’es-tu amélioré en magie ?“
Lâchant un “Waaa !“ de surprise, une crû d’abord avoir réveillé tout le voisinage, mais en réalité, elle n’avait pas crié si fort que ça.
Tôma : “Il y a un problème ?“
Philia : “Comment tu savais que je pensais à ma magie ?“
Tôma : “Bah, je ne le savais pas. Je t’ai juste posé la question, car je voulais en savoir plus. Dans mon monde, la magie, ça n’existe pas.“
Philia : “Je vois, ce n’était qu’une coïncidence.“
Tôma : “C’est ça. Et donc ? T’améliores-tu à la magie ?“
Philia : “Je ne le sais pas vraiment. J’arrive à faire apparaitre mon vent sans incantation, mais pour ce qui sont des sorts, je n’y arrive pas.“
Tôma : “Bah, dans mes souvenirs, tu m’as déjà dit que les elfes devenaient capable d’utiliser des sorts sans incantations lors de l’adolescence. Tu n’as pas besoin de savoir ça si rapidement, si ?“
Philia : “Je sais, mais si on venait pour m’attaquer et que je ne savais pas me défendre ? Avec des incantations, je serais bien trop lente.“
Tôma : “Tu oublies un détail : Tu vis dans un village d’elfe séparé au beau milieu d’une forêt, loin des humains.“
Philia : “Pas faux.“
Tôma : “Et sinon ? Il ne s’est rien passé de plus avec ces filles ?“
Philia : “Avec Misara et Nara ?“
Tôma : “Oui.“
Philia : “Pas depuis que tu es partis, tout à l’heure.“
Tôma : “Je vois, t’en mieux.“
Philia : “Et, tu sais, j’ai réussi à en parler avec ma mère !“
Tôma : “Tu t’es enfin décidé d’en parler avec elle ?“
Philia : “Oui.“
Tôma : “Et qu’est-ce qu’elle t’a dit ?“
Philia : “Que c’est bien de pardonner, mais que je dois le faire avec les bonnes personnes.“
Tôma : “Je suis sûr que je t’avais dit quelque chose dans le genre !“
Philia : “Peut-être bien !“
Tôma : “Et donc ? Que comptes-tu faire, maintenant ?“
Philia : “Je leur dirais que je n’aime pas quand elles sont méchantes avec moi.“
Tôma : “Et si elles continuent quand-même ?“
Philia : “Eh bien… Je leur dirais que je n’aime pas quand elles sont méchantes avec moi !“
Tôma : “Haha ! Je me doutais bien que tu sortirais la même chose ! Enfin, on verra ça demain, alors !“
Philia : “Oui.“
Tôma : “Bon bah à demain !“
Philia : “À demain !“
C’est alors que leur discussion se termine et que Philia ferme les yeux, déjà en pyjama et couché dans son lit.
※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※
Le soleil se lève de nouveau, annonçant le commencement d’une nouvelle journée, et Philia se réveille. Comme tous les matins, elle imite les préparations de la veille. Se coiffant de la même façon et s’habillant de la même façon.
Sortant à l’extérieur de la maison, un livre à la main, elle souriait en pensant à sa session de lecture quotidienne, mais, malheureusement pour elle, celle-ci sera retardé à cause d’un événement inattendu.
Misara : “Tu montres enfin le bout de ton nez, Philia !“
Surprise, la jeune elfe aux cheveux verts, semblable à l’herbe près de la colline qu’elle commence à discrètement observer, lâche un “hein ?“ tout en reculant de quelques pas. Pendant ce temps, la fillette aux cheveux bleus continue de parler.
Misara : “Philia, je te provoque en duel !“
Philia commence à observer les environs et aperçoit ses parents qui se sont arrêté de travailler, Nara qui, comme à son habitude, se tient près de son amie et plusieurs villageois du village qui regardent, aussi surpris qu’elle, les deux jeunes filles.
Philia : “Pourquoi tu me provoque en duel ? Je ne suis pas doué, ni en combat, ni en magie…“
Misara : “Philia, à cinq ans, nous, les elfes, pouvons participer à des duels, car on est supposé connaitre les bases du combat et de la magie ! Refuse ce duel et tu seras assuré d’échouer lors du festival !“
Tout ce que souhaite Philia c’est de pouvoir se rendre à la colline afin d’y lire son bouquin dans un endroit calme et paisible. Malheureusement pour elle, elle fait face à Misara qui ne peut s’empêcher de la rabaisser. Elle sait très bien qu’il ne lui arrivera rien de bien si elle refuse son duel.
C’est avec le seul poing libre serré et les mains moites qu’elle accepte, à contre-cœur, la demande de la jeune elfe aux cheveux bleus.
Philia : “C’est d’accord…“
Entendant une réponse qui lui satisfait, elle décide d’en ajouter une couche. Se penchant vers Philia, une main près de l’oreille et un sourire sournois au visage, elle demande :
Misara : “Hein ? Je n’ai rien entendu ! Peux-tu répéter ?“
Philia, claquant de la langue, décide d’obéir et de répéter en levant un peu la voix.
Philia : “C’est d’accord… J’accepte ta demande…“
De leur côté, les parents de la fillette aux cheveux verts et aux yeux rouges observent la scène avec tristesse.
Miranda : “Alors c’est de ces filles qu’elle m’a parlé, hier ?“
Marmonnant dans son coin, la jeune mère ne peut plus agir, maintenant que sa fille a accepté la demande de Misara.
Gordan : “Allons voir comment elle va se débrouiller.“
Miranda : “J’aurais dû réagir…“
Gordan : “Hm ? Tu as dit quelque chose ?“
Miranda : “Non, ce n’est rien. Allons voir son duel.“
C’est ainsi qu’ils se précipitent vers le lieu où se déroulera le duel opposant Philia et Misara, deux elfes âgées de cinq ans.
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En position sur l’arène rectangulaire en bois, les deux filles se fixent du regard tandis que plus d’une centaine de villageois du village sont positionné à une distance correcte afin de ne pas se prendre de sort ou de débris, s’il y en a, afin d’observer ce combat entre deux elfes âgées d’à peine cinq ans.
C’est alors que Misara pose une question.
Misara : “Alors ? Es-tu prête, Philia ?“
Philia observe les alentours, stressant quant à ce qui est à venir. Elle ferme les yeux, puis acquiesce en guise de réponse à la question de son adversaire en rouvrant ses yeux.
Philia : “Je suis prête !“
Tout à l’heure, elle manquais de confiance et c’est toujours le cas. La seule différence, c’est qu’elle ne souhaite montrer à personne son angoisse. C’est pour cette raison qu’elle se force de ne pas trembler face à Misara.
Se mettant toutes les deux en position, Misara et Philia se fixent tout en préparant leur magie. L’une maitrise l’eau tandis que l’autre maitrise le vent.
La fille aux cheveux bleus donne le coup de départ en fonçant droit vers Philia qui manque de temps pour dresser une barrière de vent et qui se prend un premier coup.
C’est alors que le soleil offrit ses premiers rayons.
Fin du premier chapitre de Philia