Réduit en cendre
En ouvrant les yeux, tout ce qu’il put voir était des maisons en train de brûler, des hommes, des femmes et même des enfants courant pour sauver leur vie en vain.
Il va, lui aussi, perdre la vie dans cette mer de flammes. Il ne pouvait penser autrement.
Dieu n’existe pas. C’est ce qu’ils croient tous, tandis qu’ils supportent la souffrance pour fuir.
Bizarrement, l’idée de fuir ne lui est pas venue en tête. Sûrement, car il ne croit pas y arriver.
C’est bien beau de fuir, mais pour aller où ? Tel est la question qu’il s’est posée à ce moment-là, lorsqu’il vit ces yeux froids et cet effrayant sourire à en glacer le sang.
???: “Pourquoi devons-nous souffrir ? Pourquoi…“
Il tente de se lever, mais à peine est-il debout qu’il retombe sur le sol en terre sur laquelle s’est entassé les cendres nées des bâtiments en feu.
Il ne peut rien faire, rien changer. Peu importe les efforts accomplis, il est trop faible.
Il ne sert à rien de poursuivre son chemin s’il est impossible à traverser. À quoi bon essayer si c’est pour échouer ? Tu ne feras que te blesser davantage.
Pourtant, il veut y croire. Il veut parvenir au résultat espéré. Alors même si le destin lui lance de la boue au visage et le repousse, il se relèvera autant de fois qu’il le faut et il avancera. Même s’il ne peut faire qu’un pas avant de retomber, il se relèvera et il en fera un nouveau. Il répète ce schéma en boucle et ce, jusqu’à ce qu’il arrive au bout du chemin.
Il ne peut pas mourir. Pas dans ce village réduit en cendres.
Fin du prologue