Le festival des étoiles – Chapitre 2

Sous la lueur des rayons du soleil

– 1 –

Tentant d’ouvrir la porte sans faire trop de bruit, Nelson et Talia pénètre dans la maison silencieuse avec un garçon possédant une courte chevelure brune et des yeux fermés. Il respire calmement malgré ce qu’il a vécu, mais son apparence ne trompe personne. Même s’il dort paisiblement, son visage est couvert de tâches grises, ses vêtements sont en lambeau et les endroits où sa peau est a découvert son marqué d’égratignures et de brulures.

 Le couple le transporte difficilement, car ils espèrent faire un minimum de bruit, mais leurs chaussures claquant le sol en bois, même faiblement, laisse entendre quelques sons et les légers grincements des marches lorsqu’ils montent les escaliers ne peuvent être atténués.

 Ils parviennent tout de même à atteindre l’étage ne possédant qu’un simple couloir relié à trois portes, menant chacune à une chambre de taille égale.

 Talia, étant celle qui a les bras libres, prend les devants et ouvre la porte la plus à droite. Derrière cette frêle porte en bois, se trouve une petite chambre entièrement blanche. Celle-ci est équipé d’un lit situé sous une fenêtre au fond à droite de la pièce. À quelques centimètres du lit, on peut y voir une petite table de chevet sur lequel un pot de fleur y a été installé, mais le contenant bleu n’a pas de contenu. En regardant à gauche, on retrouve un petit bureau et une petite chaise et, comme tous les meubles de cette chambre, sont eux aussi en bois de chêne.

 Nelson s’approche du lit et y dépose le garçon blessé.

 Le lit douillet semble peu utilisé et, comme pour la quasi-totalité de la chambre, il est couvert de draps blancs. Cette pièce est peu occupée et est, habituellement, utilisé comme chambre pour les invités, même si le fait d’avoir un seul lit, ayant la taille suffisante pour une seule personne, fait que seul un invité peu y dormir.

 Il se tourne vers Talia qui semble préoccupé par l’état du garçon aux multiples blessures.

Nelson : “Tu peux faire quelque chose pour ses blessures ?“

Talia : “Je devrais pouvoir faire quelque chose.“

 Nelson se tourne vers elle, puis il se dirige vers la porte menant au couloir. Devant la porte, il s’arrête et se retourne vers la femme blonde et le garçon inconscient.

Nelson : “Sinon, Talia, tu vérifieras son dos. La blessure est déjà soignée, mais je pense qu’il serait préférable que tu y jette, tout de même, un coup d’œil.“

Talia : “Une blessure dans son dos ?“

 L’homme est déjà dos à sa femme et sur le point de quitter la chambre, pendant que Talia retourne doucement le garçon et voit une grosse cicatrice dans le dos du garçon.

Talia : “Il a dû vivre un véritable enfer, là-bas.“

 Plissant les yeux en tentant de s’imaginer l’horreur vécu par le garçon, elle marmonne en regardant le garçon avec de la pitié.

Talia : “Qu’a-t-il fait pour mériter ça ?“

※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※

 Une heure a passé depuis leur retour et le couple prépare des œufs au plat et des tranches de pain qu’ils beurrent. Quatre assiettes vides sont placées sur le comptoir, près de la poêle utilisée par Nelson. Suffisamment cuit, l’homme dépose un œuf dans chaque assiette pour un total de quatre œufs.

 Au même moment, les tranches de pain arrivent et chaque assiette se voit rempli d’un œuf et de deux tranches garnies avec du beurre salée.

 Le déjeuner est, maintenant, prêt et les deux prennent chacun deux plats et les places sur la table noir dans la salle à manger.

 Alors que le déjeuner est enfin prêt et placé sur la table, deux jeunes filles descendent les escaliers, à la hâte.

Fille 1 : “Bonjour, maman et papa !“

Fille 2 : “Bon matin.“

 Les parents salut les filles avec un sourire.

 La première jeune fille est l’ainée. Son nom est Julis. Elle a de longs cheveux blonds et les yeux de la même couleur que ceux de son père. La seconde est la plus jeune des deux. Des cheveux de la même couleur que sa grande sœur, mais les siens sont plus courts. Pour sa part, elle a les yeux de sa mère.

 Les filles et les parents s’installent à table et commence à entamer leur déjeuner.

 L’assiette à moitié vide, Nelson dépose ses couverts.

Nelson : “Julis, Lucie, je préfère vous prévenir, mais nous vivrons, désormais, avec le fils d’une connaissance.“

Julis : “Le fils d’une connaissance ? Il arrive quand ?“

Nelson : “Eh bien, il est déjà à la maison, mais à cause de certains événements, il se trouve qu’il était blessé et extrêmement épuisé. Il dort dans la chambre d’invité, alors je voudrais que vous attendiez qu’il se réveille avant d’aller le voir.“

Lucie : “Pourquoi il était blessé ?“

Nelson : “Ce serait long à expliquer.“

 La jeune fille plisse les yeux et l’ainée lâche un sourire.

Julis : “D’accord, on va jouer le jeu.“

Nelson : “Merci.“

Julis : “De rien.“

 Les deux sœurs terminent leur repas et débarrassent leurs assiettes et leurs couverts avant de monter à l’étage. En direction de leur chambre, les filles ont une discussion.

Lucie : “Alors ? À quel moment il a menti ?

Julis : “Au moment où il a dit que ce serait long à expliquer. Malheureusement, mon don ne me permet pas de dire la vérité. Juste de savoir quand quelqu’un ment ou dit la vérité.“

Lucie : “Dans le ton de sa voix, j’ai eu l’impression qu’il ne connait pas les détails de ces fameux événements dont il nous avait parlé. En revanche, il n’a pas douté une seule seconde lorsqu’il a dit que c’est le garçon d’une de ses connaissances. Si tu ne dis pas que c’est un mensonge, c’est que ce doit être vrai.“

 Un petit sourire se forme sur le visage de Julis.

Julis : “Personnellement, j’ai vraiment hâte qu’il se réveille.“

Lucie : “C’est vrai que je suis curieuse de voir à quoi il ressemble.“

 Avant même qu’elles n’arrivent dans leur chambre, les filles entendent un étrange bruit venant de la chambre d’invité. Celle où se trouve le mystérieux garçon qu’elles voulaient rencontrer.

 Julis et Lucie se tournent vers l’arrière, à mi-chemin entre leur chambre et celle du garçon.

※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※

 Il est allongé dans le lit, les paupières toujours fermées. Pourtant. Il venait de se réveiller. Pour lui, se sommeil a été une bénédiction et ce n’est pas comme si c’était un réveil d’une mauvaise nuit de sommeil. Il n’avait, tout simplement, pas dormi. Du moins, c’est ce qu’il ressent.

 Il se décide, enfin, à ouvrir ses paupières, c’est alors qu’il voit une faible lueur blanche, apparemment naturelle, qui éblouit ses yeux, qu’il n’hésite pas à refermer instantanément afin de les protéger.

 Il rouvre les yeux et constate que le plafond ne lui est pas familier. Il en déduit, donc qu’il n’est jamais venu dans cette pièce. Ce plafond blanc ne lui dit rien du tout.

 En se retournant, il remarque la sensation sous sa tête. Un objet moelleux s’y trouve.

 Il se redresse alors qu’à moitié et regarde dans la pièce, qui était instantanément identifiable comme une chambre tout à fait banale, à un détail près,

??? : “Elle est toute blanche.“

 Cette chambre d’une blancheur quasi-totale lui donne le sentiment de se retrouver seul au monde. Malgré tout, certains objets sont des exceptions et ne sont, donc, pas blancs. Le bureau et la chaise en bois, au fond à gauche, n’ont, semblablement, pas été peints. Idem pour la table de chevet et du vase bleu se trouvant à sa gauche, tout près de son lit.

 Tandis que son inspection touche à sa fin, il entend, soudainement, du bois grincer, de l’autre côté de la porte en bois à la couleur naturelle. Après deux secondes sans entendre d’autres grincements, il voit la porte s’ouvrir lentement.

 Une fois complètement ouverte, il remarque deux têtes blondes dépasser des deux extrémités du mur. Un des visages a des yeux verts, tandis que l’autre a des yeux bruns. Ce sont des visages féminins et le garçon en déduit que ce sont des filles.

 Le garçon aux cheveux bruns penche la tête sur le côté et les filles commencent à se regarder. Se retournant vers le garçon, elles se décident enfin à pénétrer dans la chambre.

 L’ainé esquisse un sourire mignon, alors que la plus jeune garde son expression neutre.

Julis : “Salut ! On a appris que nos parents t’avaient ramené ici, après t’avoir retrouvé inconscient. Je m’appelle Julis. Mon nom est un peu spécial et s’écrit avec un j comme première lettre, mais il se prononce avec un y.“

 Se tournant vers sa petite sœur, Julis présente sa petite sœur après avoir levé sa main droite, la paume levée vers le plafond.

Julis : “Elle, c’est ma petite sœur, Lucie.“

Lucie : “Bonjour.“

??? : “Bonjour.“

 Julis se retourne vers le garçon et regarde ses yeux bleus, arborant toujours son sourire.

Julis : “Peux-tu nous dire ton nom ?“

 Le jeune garçon baisse le regard, puis il ferme les yeux. Quelques secondes passent et le garçon commence à se tenir la tête tout en semblant souffrir.

 Lucie est la première à réagir. Elle se précipite vers le garçon, tandis que sa sœur perd son jolie sourire et court hors de la chambre et se précipite au rez-de-chaussée.

Lucie : “Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu peux me répondre ?“

??? : “Je… je… Qui… suis-je ? Quel est mon nom ?“

 À chacune de ses questions, la douleur empire.

 Ne sachant pas comment réagir, elle regarde le sol et commence lentement à stresser.

Nelson : “Lucie, écarte-toi un peu, s’il te plait.“

 La jeune fille relève la tête et voit son père se précipiter vers le lit. Comme il l’a demandé, elle se déplace vers sa gauche et laisse sa place à l’homme aux yeux paniqué qui s’agenouille devant le garçon souffrant.

Talia : “Ma puce, viens par ici.“

 La jeune blonde se lève et se tourne vers la porte où elle y voit sa mère et sa grande sœur. Elle les rejoint.

Talia : “Les filles, pouvez-vous m’expliquer ce qu’il s’est passé ?“

Julis : “On ne sait pas ce qu’il s’est passé. Je nous ai présenté et après je lui ai demandé son nom. Après il a commencé à avoir mal à la tête.“

 Lucie recule d’un pas et agrippe son bras droit.

Lucie : “Quand je lui ai demandé ce qu’il a, je l’ai entendu demander qui il est et comment est-ce qu’il s’appelle.“

 En entendant la réponse de la plus jeune des filles, Julis et Talia arbore un visage de surprise.

Talia : “Tu veux dire qu’il ne sait plus quel est son nom, ni qui il est ?“

Lucie : “C’est ce que j’ai compris.“

 Talia regarde sa fille, tandis que son visage de surprise se change en un mélange d’hésitation et de frustration.

Talia : “Ça ne me plait pas. Ce serait sa faute ?“

 Entendant les marmonnements de leur mère, Julis et Lucie demande,

Julis : “Tu sais pourquoi il ne se souvient de rien ?“

Lucie : “De qui tu parles ?“

 Face à deux jeunes filles avides de réponses, Talia à l’impression que deux murs sont apparus devant elle. Elle souhaite ne rien révéler sur ce garçon à ses filles pour ne pas les inquiéter, mais elles commencent à vouloir des réponses.

 Talia comprend qu’en réfléchissant à voix haute elle venait de gâcher leurs chances, à elle et Nelson, de leur en dire le moins que possible sans paraître suspect.

 En regardant sa montre, elle remarque l’heure qu’il est et décide, donc, d’esquiver la question.

Talia : “Il est l’heure pour toi d’aller à l’école, Lucie. Julis, n’avais-tu pas quelque chose de prévu avec tes amis, avant d’y aller, toi aussi ?“

 N’étant pas dupe, elles remarquent, toutes les deux ce que leur mère tentait de faire.

Julis et Lucie : “N’essaie pas de changer de sujet !“

 Malgré la persévérance des deux filles, Talia rattrape le coup en leur demandant,

Talia : “Pensez-vous que ces réponses sont plus importantes que vos notes ?“

Julis : “Non, mais…“

Talia : “Alors, vous pouvez bien attendre à ce soir pour avoir vos réponses, non ?“

 C’est alors que des étoiles apparaissent dans ses yeux.

Talia : “Je viens d’avoir une bonne idée !“

 Julis et Lucie se regardent en plissant les yeux. Elles savent très bien que cette idée est une autre esquive.

Talia : “Vous aurez votre réponse si vous réussissez vos examens de fin d’année !“

Julis et Lucie : “HEIN ?!“

 Tandis que les filles commencent à descendre les escaliers, Lucie entend son père marmonner quelque chose au garçon alité.

Nelson : “Ne t’en fais pas, tout va bien se passer. Ton nom est Solio. Si tu ne peux pas te rappeler de quoi que ce soit, ne force pas, la douleur ne ferait que s’intensifier.

 C’est ainsi que la jeune fille apprend le nom du mystérieux garçon.

– 2 –

En route vers l’école primaire, Julis accompagne sa petite sœur vers son école avant de rejoindre ses amis au parc près de l’école secondaire*.

 Main dans la main, les filles marchent calmement avec un sourire, saluant, au passage, chaque habitant de Uwen avec un ton chaleureux.

 Elles ont décidé de ne pas penser à ce qu’il s’est passé un peu plus tôt et d’en reparler après l’école.

 Julis est habillée d’un t-shirt blanc, d’un pantalon noir et de chaussures blanches et sa sœur est habillée avec des vêtements similaires, mais avec les couleurs inverses.

 La jeune sœur regarde son ainée avec le même sourire.

Lucie : “Sinon, c’est quoi que tu vas faire au parc, avec Nath, Dan et Lia ?“

Julis : “On va parler de nos recherches sur la magie pour notre projet de groupe. Madame Anastasia nous a demandé de préparer un texte, puis un oral pour les prochains cours d’apprentissage de la magie.“

Lucie : “Si je me souviens bien, au début de l’année, vous avez appris l’histoire de la magie et au second trimestre, vous avez commencé les sciences de la magie, c’est ça ?“

Julis : “Ouais et maintenant, au troisième trimestre, les cours sont sur la base de la magie. En bref, on nous prépare à l’année prochaine où l’on commencera à apprendre l’utilisation de la magie. Bien que l’apprendre de nous-même où avec l’aide de personnes de notre entourage qui sait l’utiliser ne soit pas interdit.“

Lucie : “Moi j’ai hâte de terminer ma sixième année pour pouvoir allez à la même école que toi.“

Julis : “Toi aussi tu prendras les cours d’apprentissage de la magie, comme cours optionnel ?“

 La jeune fille acquiesce d’un léger mouvement de tête.

 La discussion se termine et les sœurs arrive à l’école primaire de Uwen, deux minutes plus tard.

 Julis et Lucie se séparent et les filles ne se reverront qu’après la fin des cours de Julis, qui commence l’école une heure plus tard que sa petite sœur, mais qui, en contre parti, termine aussi une heure plus tard que celle-ci.

※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※

 Il est 8h23 et ça fait, maintenant, bientôt une demi-heure que Lucie a commencé les cours. Julis, quant à elle, vient tout juste d’arriver au lieu de rendez-vous qu’elle et ses amis se sont fixés, le jour précédant.

 À l’entrée du parc rouge – nom donné au parc à cause de la couleur d’une majeure partie des attractions du lieu – Julis repère rapidement ses trois amis, qui semble avoir commencé avant elle. Elle les rejoint à la petite table en bois près d’un toboggan.

 Les personnes assisent au côté gauche de la table sont, Nath et Lia, tandis que Dan est assis, seul au côté droit. Ils sont tous les trois âgés du même âge que Julis, soit treize ans.

 Nath est de taille moyenne. Il a de longs cheveux noirs attachés en queue de cheval. Ses yeux sont de couleurs bleu marin et il porte des vêtements sobres. Il porte un t-shirt et un short gris avec des chaussures noires et bleues.

 À sa gauche, Lia – de son nom complet Liana, est une jeune fille plus petite que Nath de deux centimètres. Elle a de longs cheveux bruns d’une taille similaire à ceux de Julis. Sa jupe bleu clair s’accorde bien avec ses yeux bleus, rappelant le magnifique ciel ensoleillé. Elle porte de petites chaussures blanches allant parfaitement bien avec son haut.

 Devant eux se trouve Danick, mais ses amis l’appellent Dan. Il a de courts cheveux châtains frisés et des yeux bruns. Il porte un t-shirt rouge, un short brun et des chaussures rouges et blanches. Des trois enfants, il est celui qui fait le plus de bêtises. Il est souvent rattrapé par Nath, qui est plus calme et sérieux. Lia est surtout là en tant que jeune fille innocente qui entre dans le jeu de Dan de temps en temps, mais qui soutient Nath quand celui-ci joue le baby-sitter de Danick.

 Julis arrive à la table et le trio la remarque.

Dan : “Yo, Julis !“

Nath et Lia: “Bonjour, Julis.“

Julis : “Hehe, salut les gens !“

Dan : “Tu arrives un peu plus tard que prévu. On a déjà commencé !“

Julis : “Oui, désolé, j’accompagnais Lucie à l’école.“

 Nath observe Julis et plisse les yeux.

Nath : “Il s’est passé quelque chose, ce matin ?“

Julis : “Hein ?“

Dan : “Pourquoi tu lui demande ça, Nath ?“

Nath : “Bah je trouve que tu es bizarre, ce matin, Julis. Je demandais, donc, s’il s’était passé quelque chose, ce matin.“

 Se demandant ce qu’elle aurait bien pu faire d’étrange, Julis s’interroge sur le bienfondé des propos du jeune homme aux longs cheveux noirs.

Julis : “J’ai été bizarre ?“

Lia : “Eh bien, moi aussi j’ai cette impression qu’il te soit arrivé quelque chose, avant que tu n’arrives.“

Julis : “Hein ?!“

 Dan plisse les yeux en observant Julis.

Dan : “Je ne vois toujours pas ce que vous voulez dire. Je la trouve parfaitement normale.“

Julis : “En fait, il m’est réellement arrivé quelque chose, ce matin, mais je ne vois pas en quoi j’ai agi bizarrement…“

Nath : “Et donc, il s’est passé quoi ?“

Julis : “Si ça ne vous dérange pas, je préfèrerais ne pas en parler, tout de suite.“

 Nath pose son coude sur la table en bois et dépose sa joue droite sur la paume de sa main.

Nath : “Si tu veux. Personnellement, je ne vois pas pourquoi tu serais obligé d’en parler.“

 Le garçon sourit gentiment.

Nath : “Si tu préfères en parler plus tard, je ne suis pas contre.“

 À sa réponse, Dan et Lia semble acquiescer. Julis prend place à côté du garçon aux cheveux châtains et leur discussion sur le projet de groupe commence.

※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※ ※

 Tandis qu’il ouvre les yeux pour la seconde fois, Solio remarque qu’un cadran a été placé sur sa table de chevet, lorsqu’il dormait. Il se met en position assise et se penche pour prendre l’objet fonctionnant avec des piles et regarde l’écran affichant plusieurs chiffres de couleur bleus affichant “14 : 04“.

 Reposant le cadran sur la table en bois, près du vase vide, il remarque que juste au-dessus de son lit se trouve, maintenant, un calendrier montrant le mois de mai.

 Il observe autour de lui et remarque que, sur la chaise de son bureau, on y a placé des vêtements similaires à ceux qu’il porte à l’exception du fait que ceux de rechange ne sont pas déchirés comme les siens.

 Après avoir terminé son inspection, il estime pouvoir se lever, mais alors qu’il pose ses deux pieds nus sur le sol en bois frais, il tente de se lever, mais il n’y parvient pas. C’est comme s’il avait la force de bouger, mais pas de tenir debout.

 Cette étrange sensation de n’avoir accès qu’à une infime partie de la chambre qui lui a été donné devient désagréable.

 N’ayant rien d’autre à faire, il replace ses pieds dans ses couvertures blanches et tourne la tête vers la fenêtre.

 Le magnifique ciel bleu et les rayons du soleil, tapant le toit noir de toutes les maisons visibles depuis son lit, lui donne l’impression d’être en été, pourtant, il n’est encore qu’au printemps. Dans les rues, des dizaines de personnes se baladent. Certains sont vieux, d’autre sont plus jeunes, certains portent des sacs d’écoles, d’autres ont une laisse à la main, tirée par un chien en promenade.

 Il a l’étrange sensation de n’avoir jamais vu autant d’humain en même temps, mais son manque d’information à son sujet ne lui permet pas d’en découvrir la raison. Pourtant, il devra s’habituer à en voir souvent, car il vit maintenant chez des humains.

 Encore perdu dans ses pensées, Solio ne remarque pas que la porte de sa chambre s’est ouverte et qu’un petit garçon blond avait pénétré dans la pièce blanche.

 C’est alors qu’une voix lui étant inconnue le fait sursauter.

??? : “Bonjour.“

 Solio tourne sa tête vers la gauche et remarque enfin le petit blondinet qui était accroupi devant le lit.

Blondinet : “Maman m’a dit de venir voir si un garçon aux cheveux bruns dormait toujours. C’est de toi qu’elle parlait ?“

Solio : “Euh…“

 Encore un peu sous le choc, Solio ne sait pas quoi répondre au gamin semblant avoir moins de dix ans. Il est habillé d’un t-shirt vert et d’un short noir. Ses cheveux mi court, mi long, semblent avoir été peignés soigneusement et ses yeux ont la même couleur que lui. Solio remarque aussi que le bas des cheveux du gamin sont brun. Il semble être né avec un mélange entre les cheveux blonds de sa mère et les cheveux bruns de son père.

 Il est sans doute l’enfant ressemblant le plus au parent masculin de la famille Lionness.

 Le garçon se met à sourire avant de demander,

Blondinet : “Tu sais parler ?“

Solio : “Oui.“

Blondinet : “Alors ? Tu es le garçon dont maman m’a parlé ?“

Solio : “Eh bien, je suppose que oui.“

 Presque instantanément après avoir entendu la réponse Solio, le jeune blondinet se relève et sort de la chambre en courant.

 Après quinze à trente secondes, le garçon alité entend les grincements des escaliers et voit apparaître la tête du père. À côté de lui se trouve le jeune blondinet qui sourit à son père.

 Dès qu’il est en mesure de voir le garçon amnésique, Nelson lui sourit et fait un geste de la main, pour le saluer. Solio limite alors que l’homme aux cheveux et aux yeux bruns entre dans la chambre du garçon qu’il a sauvé.

Nelson : “Salut, Solio. Tu as bien dormi ?“

 En réponse à sa question, Solio acquiesce d’un léger mouvement de la tête.

Nelson : “Comment te sens-tu ? Tu as mal quelque part, ou bien tu es engourdit ou quelque chose comme ça ?“

Solio : “Non… Je n’ai rien de tout ça.“

Nelson : “Tant mieux ! Est-ce que tu peux te lever ?“

 Solio baisse la tête et regarde les plis de ses couvertures recouvrant ses jambes. Malgré l’échec de tout à l’heure, il décide de retenter de se lever.

 Copiant les actions de son premier essai, il soulève ses draps, pose ses pieds nus sur le sol qui s’est légèrement réchauffé, à cause du blondinet qui s’y trouvait un peu plus tôt, et tente de nouveau de se tenir debout. Étonnamment, il y parvient sans aucune difficulté.

Nelson : “Peux-tu lever les bras et rester fixe quelques secondes ?“

Solio : “D’accord.“

 Solio lève les bras et tente de bouger le moins que possible, tandis que Nelson l’approche. Maintenant à proximité du garçon, le père commence à toucher le bras gauche de son patient avec la paume de ses mains. Lors du contact entre les deux garçons aux courts cheveux bruns, une étrange lumière multicolore apparaît et Nelson bouge lentement ses mains de gauche à droite du bras levé de Solio.

 La lumière suit les mains du père de famille et le garçon amnésique théorise sur l’utilisation du mana pur. Étrangement, sa théorie lui semble familière, malgré qu’il ne s’y connait pas en magie.

 Perdre la mémoire ne l’aide pas non plus. Ayant perdu la quasi-totalité de ses connaissances, il se retrouve dans un milieu où n’importe qui pourrait tenter d’abuser de lui. Pourtant, il ne peut pas s’empêcher de faire confiance à l’homme se trouvant près de lui.

 Tandis que Solio termine de rêvasser, Nelson, de son côté, termine son étrange tour de magie sur le bras gauche et se tourne vers celui de droite. Il répète l’opération sur le second bras.

 Après environ une minute de silence complet, Nelson le brise en ouvrant une nouvelle conversation.

Nelson : “Ton corps ne semble pas avoir eu de séquelles dû à ce qui t’es arrivé avant qu’on te trouve. Aussi, tes tuyaux et ton noyau magique sont en parfait état. Il semblerait même que tu aies déjà utilisé la magie par le passé.“

 Solio baisse ses bras et regarde l’homme apportant quelques explications quant à l’état du jeune garçon.

 C’est alors qu’il remarque quelque chose dans ce qu’a dit Nelson.

Solio : “Dites, que savez-vous de moi, exactement ?“

 Nelson place sa main droite sur son menton et incline la tête vers le sol.

Nelson : “Malheureusement, je n’en sais pas tant que ça. Quand on t’a trouvé, effondré au sol, tu tenais une jeune fille semblant avoir le même âge que toi. À mon avis, vous semblez avoir douze ou treize ans, comme mes filles. Tu serrais la jeune fille comme quelqu’un qui sert contre soi une personne à laquelle il tient. Tu avais exactement les mêmes vêtements que ceux que tu portes actuellement, mais tu avais de nombreuses blessures, dont une grave dans le dos. Tu semblais avoir été transpercé par quelque chose de très pointu. Accompagné de ces blessures, tu étais couvert de brûlure sur les zones non protégées par tes vêtements. Tu t’es écroulé peu de temps après notre arrivée. Et à l’exception de ce que je viens de te dire ainsi que de l’état actuel de ton corps, je ne sais rien d’autre sur toi.“

 C’est au tour de Solio d’incliner la tête. Tout ce qu’il sait de lui ne remonte pas plus loin que l’arrivée de Nelson et Talia au village où ils l’ont retrouvé évanoui.

Nelson : “Dis-moi, aurais-tu faim ?“

 Solio pose la main sur son ventre qui gargouille.

Nelson : “Je te prépare un petit quelque chose ?“

Solio : “Oui… merci.“


– 3 –

 Maintenant assit à table, Solio attend que Nelson finisse de cuisiner. Près de lui, le blondinet lui sourit.

Solio : “Si je me souviens bien, ton nom c’est Evans ?“

Evans : “Oui !“

 Solio sourit à son tour au garçon, tandis que Nelson arrive à la salle à manger avec quatre assiettes, l’une contenant des crêpes et les trois autres n’ayant pas encore été utilisées.

 L’assiette avec les crêpes est placée au milieu de la table tandis que les assiettes vides sont distribuées aux personnes s’apprêtant à manger.

 Avant de prendre une bouché de sa crêpe, Nelson observe celle des deux garçons qui, au moment de la mise en bouche, voit leur visage s’illuminer.

 Satisfait de leur réaction, Nelson goûte à celle se trouvant dans son assiette, se disant qu’il les a bien réussites.

 Le trio termine leur crêpe silencieusement. Une fois qu’ils ont tous terminé de manger, l’homme aux yeux bruns se lève, prend les trois assiettes vides et les apporte dans la cuisine. En revenant, il observe Solio qui fixe la table avec un air pensif sur son visage.

Nelson : “Quelque chose te préoccupe ?“

 Le garçon met du temps à répondre à la question de son interlocuteur. Celui-ci se rassoit là où il se trouvait lors de la collation et attend une potentiel réponse du jeune adolescent.

Solio : “Je me demandais juste ce qu’il aurait pu s’être passé avant que vous me trouviez.“

 Solio lève la tête vers Nelson et lui pose une question.

Solio : “Où se trouve le village dans lequel je me trouvais ?“

Nelson : “Pourquoi tu me pose cette question ?“

Solio : “Juste pour savoir.“

Nelson : “Je comprends.“

 Sur cette réponse, il se lève et se dirige près des escaliers menant au couloir à l’étage et décroche une carte qu’il pose sur la table, avant de se rassoir.

Nelson : “Solio, regarde la carte. Je vais te montrer.“

 Solio se penche au-dessus de la carte. La carte semble montrer une partie de la ville dont une immense forêt qui attire son attention. Nelson place son index sur une maison.

Nelson : “Nous sommes ici,

 Déplaçant son doigt sur ce qui semble être la route, il glisse son index en le faisant zigzaguer jusqu’à arriver devant une forêt. Cette même forêt qui avait attiré l’attention du jeune garçon.

Nelson : “Le village dans lequel nous t’avons trouvé se trouve au milieu de cette forêt.“

 Écoutant attentivement l’homme devant lui, Solio mémorise le chemin que Nelson lui a montré.

Solio : “Quel est le nom du village ?“

 Nelson recule un peu de la carte et place une main sur son menton.

Nelson : “Je ne connais pas le nom du village. Tout ce que je sais, c’est qu’il est appelé La capitale des gardiens de l’Est.“

Solio : “C’est une capitale ?“

Nelson : “C’est ce qu’il semblerait. Encore une fois, je ne m’y connais pas vraiment.“

 Nelson se lève de sa chaise, prend la carte et retourne la raccrocher sur le mur, près des escaliers.“

Nelson : “Bon ! J’ai quelque chose à faire dans le jardin. Tu peux te trouver une occupation par toi-même ?“

 Solio acquiesce et Nelson se dirige vers la cuisine, puis il s’arrête devant une porte patio, se trouvant au fond de la pièce. Il se retourne une dernière fois vers le garçon et lui fait un sourire. Gêné, Solio baisse la tête et Nelson se tourne vers la porte vitrée et l’ouvre, avant de sortir dehors.

 Solio se retrouve seul avec Evans et regarde l’homme jusqu’à ce qu’il disparaisse. Cet homme en qui il a confiance viens de disparaitre sous la lueur des rayons du soleil.


Fin du second chapitre

Pour ceux qui ne savaient pas:

 * En France, l’école secondaire c’est le collège. Cependant, la sixième, au Québec, c’est la sixième année du primaire. La première année du secondaire équivaut à la cinquième et la cinquième année de secondaire équivaut à la classe de première.